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La Tour Eiffel aux couleurs turques


Pour un week-end, la Tour Eiffel a adopté de nouvelles couleurs, celles du drapeau turc, afin de présenter la Saison culturelle de la Turquie en France qui se terminera en mars 2010. Ainsi, pendant quatre soirs (du 6 au 11 octobre), la Tour Eiffel était illuminée de rouge et de blanc.

Cette initiative peut plaire, elle montre naturellement que même en France, hôte d'une grande culture, on doit être ouvert sur d'autres horizons tels que la civilisation sino-mongole, la péninsule arabique, le Caucase, le Japon, la Turquie, et j'en passe...

L'événement attendu de la saison de la Turquie en France pourra en outre mettre en exergue la diversité de la culture turque, composée de différentes ethnies et de différentes dynasties. De même, on pourra se questionner sur l'apport de l'histoire turque à la culture européenne.

"A travers cette illumination que j'ai voulue, c'est l'amitié entre nos peuples ainsi que la diversité de nos liens que Paris a choisi de célébrer.", Bertrand Delanoë, maire de Paris

Dans un contexte chargé d'actualités pour la Turquie, la Saison de la Turquie a donc démarré ce week-end après maints ajournements afin de ne pas géner les élections européennes.
En effet, le président turc Abdullah Gül fit une visite à Paris ce week-end afin d'inaugurer avec Nicolas Sarkozy et son ministre de la culture, Frédéric Mitterand, l'exposition De Byzance à Instanbul, un port deux villes. Cette rencontre éclaire au Grand Palais entre les présidents turc et français montre le désarroi de Sarkozy envers une exposition qui promeut les relations historiques entre l'Europe et la Turquie dont sa principale métropole, Istanbul, est le diapason d'un possible ancrage des turcs dans la culture européenne.

Le président français est toujours opposé à l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne et ne s'est d'ailleurs pas entretenu sur ce sujet-là avec le président turc, mais a évoqué les partenariats économiques et industriels entre les deux pays, notamment dans les secteurs de l'énergie et de l'aéronautique. Du côté de Bruxelles, la Commission Européenne a ouvert en septembre dernier des négociations avec la Turquie en vue d'une adhésion au traité instituant la Communauté de l'énergie.

Néanmoins, une future entrée de la Turquie dans l'Union Européenne reste illusoire. Certes, on peut constater quelques avancées économiques et diplomatiques, mais il reste encore des points à éclaircir tels que le respect des objectifs économiques de stabilité des prix imposés par la Banque Centrale Européenne (maintenir l'inflation à 2 % et contenir le déficit budgétaire de chaque pays à 3 % du PIB), l'occupation turque d'une partie de l'île chypriote et la question arménienne et des droits de l'homme.

Or, samedi, la Turquie a signé un accord historique à Zürich (Suisse) afin de normaliser ses relations avec l’Arménie en présence des ministres des affaires étrangères turc, arménien, américain, français, russe et suisse. Mais, il est évident que cet accord diplomatique ne suffira pas à solutionner, à la fois, le débat turco-arménien sur l'étymologie du terme "génocide" et la question de l'appartenance de la Turquie à la culture européenne.

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