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Le bilan de Barack Obama un an après sa victoire présidentielle:

- Le bilan de la politique étrangère de Barack Obama, un an après sa victoire aux élections présidentielles (2e épisode)

- La gestion de la crise économique par l'administration Obama et ses implications dans la réglementation du système bancaire (3e épisode)

voir aussi: le premier épisode

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L'élection de Barack Obama, un espoir qui masque la réalité

A l’heure où l’Amérique a élu son candidat, issu de la diversité, du métissage et de la multiculture, elle fait un pas en avant dans l’histoire de l’égalité des hommes, montre à chacun que la qualité d’une personne, ses compétences et ce qu’elle représente sont les éléments essentiels de sa nature, et nous guide vers une nouvelle ère.


Ce fort engouement international pour le « candidat noir » transcende toutes les races, les couleurs et les origines de chacun. Certes, les minorités et les Noirs se sentiront mieux représentés par un homme qui leur ressemble. Cependant, au-delà d’un communautarisme afro-américain exacerbé, la frénésie obamanienne a dépassé toutes les frontières politiques, sociales et culturelles : ce ne sont pas seulement des Noirs qui ont soutenu le futur ex-sénateur de l’Illinois, c’est toute une population en révolte contre elle-même, contre les inégalités sociales croissantes, contre les multiples guerres dans lesquelles elle est embourbée au Moyen-Orient et en Asie, contre les nombreuses crises, tant économique que socioculturelle, dont elle est à l’origine et dont ses conséquences seront désastreuses.

L’élection d’un président noir nous envoie un signe évident d’un changement nécessaire aussi bien aux Etats-Unis que dans le reste du monde. Les Etats-Unis ne seront plus ce pays patriotique à l’extrême, fier de son ignorance et culturellement dominant, mettant en avant l’analyse de Tocqueville sur la séparation obligée des Noirs et des Blancs. Bien plus qu’une redécouverte de la démocratique imaginée par Weber, l’Amérique de Barack Obama sera révolutionnaire pour trois raisons : elle mettra un terme au cycle économique néolibéral, elle investira le premier président de couleur 44 ans après les droits civiques, ce dont Martin Luther King a tant rêvé, et, enfin, elle se confrontera à l’essoufflement de son hégémonie désavouée par nombre de ses alliés.
Le futur président des Etats-Unis est en passe de devenir un leader incontestable, tant il rassemble tous les peuples de ce monde : les noirs, les arabes, les asiatiques, les juifs, les blancs, les latino-américains, les hétérosexuels, les homosexuels, les pauvres, les riches, les handicapés, toutes les religions, tous les laïcs…la terre entière en somme.

Pourtant, cette élection présidentielle a un arrière-goût de naïveté, certes moins grave qu’une « gueule de bois mccainienne », mais qui peut faire des dégâts tout aussi colossaux.
Tandis que les citoyens américains ont fait « leur choix », le plus légitimement possible, tous les idolâtres obamaniaques commettent une erreur en embellissant avec trop d’euphorie « leur candidat ». Premièrement Obama n’est pas un dieu, et surtout il ne faut pas qu’il le devienne. Deuxièmement, des espérances excessives susciteraient, indéniablement, des déceptions incongrues.
Bien qu’il y ait une forte probabilité que l’ex-candidat démocrate devienne l’un des meilleurs présidents des Etats-Unis, qu’il puisse régler de nombreux conflits mondiaux, qu’il améliore les conditions sociales des milieux les plus défavorisés, il fait face à une situation dramatique tant sur le plan politique, qu’idéologique. En effet, les défis qui lui sont lancés sont plus que démesurés : il succède à l’un des pires présidents que l’histoire américaine ait connu, et il doit répondre aux attentes d’un monde qui voit en lui une chance inespérée de se relever. Comme il ne résoudra pas tout, ce n’est pas d’un seul Obama que nous aurions besoin « to change the world », mais de plus de six milliards…
Ce n’est pas une critique qui est faite ici à l’ex-candidat démocrate, c’est un signal d’alarme qui sonne pour tous ses supporteurs qui croient qu’un seul homme peut changer la face du monde. Cet homme-là, quand bien même il est puissant, ne peut devenir ce papillon qui, précédent une suite d’événements, bouleverse les lois naturelles les plus fondamentales. Un papillon, seulement en battant des ailes, ne peut en rien changer le monde sans soutiens importants.
Obama ne peut donc pas être le seul homme sur cette terre à battre des ailes, il a besoin de nous : « soyez vous-mêmes le changement que vous voulez voir dans le monde. » (Gandhi)

Ecrit le 09 novembre 2008

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